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Shenmue III

On ne va pas perdre de temps à revenir sur les 4 ans entre l’annonce du financement participatif et la désormais disponibilité de Shenmue III. Juste qu’après la bonne idée d’avoir ressorti Shenmue I & II, l’on hâte de se plonger dans la suite directe de l’œuvre de Yû Suzuki & consorts.

L’épisode de la maturité ?

Dix-huit ans, soit une majorité dans de nombreux pays, après le 2, l’on peut se permettre un titre de paragraphe à la Laurent Boyer !
Une durée renvoyant justement à l’âge de notre héros, Ryo Hazuki. Qui du haut de ses 18 ans n’arrive toujours pas à pied de la Chine, le bateau lui suffisant dans ses précédentes pérégrinations.

On ne vous fera bien entendu aucune révélation, surtout qu’une partie d’entre vous n’a pas encore touché aux 2 premiers épisodes. Ce qu’est pas systématiquement le cas dans le milieu. Mais avec cette licence, on ne peut que vous inciter à jouer à Shenmue I & Shenmue II auparavant. Tant le scénario est à l’épicentre de l’aventure.
Sachez simplement que notre héros du quotidien, poursuit son périple dans le but de venger le meurtre de son père. En mettant la main sur Lan Di certes, mais aussi en découvrant le mystère du Miroir du Phénix.

Tu es rapide mais es-tu résistant ?

Bonne nouvelle ou non, le système a évolué en ce qui concerne les combats. Selon vos affinités, le ressenti s’en trouvera différent. Il est cependant logique & même bienvenu de découvrir un certain changement. Surtout pour le public non habitué à une adaptation du Virtua Fighter d’époque.
Les habiletés spéciales demanderont par exemple de presser les touches dans un certain ordre, avec rapidité. Ce qui colle carrément à l’identité QTE de la franchise. Une sensation de technicité s’y déploie, plutôt qu’une de brutalité. Ce que l’on apprécie particulièrement.

Nous l’évoquions, Ryo s’avère un véritable héros du quotidien. Si bien qu’il lui faudra se ménager pour accomplir ses tâches. Tant dans ses déplacements, que les bagarres & autres activités. Une barre d’endurance (ou de fringale si vous préférez) renforçant le réalisme chère à la saga.
On ne peut ainsi pas être un surhomme, faisant tout ce qu’il veut, sans compter la dépense énergétique. Pour se refaire une santé, il suffira de s’alimenter. Permettant de repartir pour un tour à courir dans les ruelles, se battre, s’entrainer ou encore tout bonnement à remplir des objectifs. Particulièrement pour progresser, & obtenir de nouvelles compétences en kung-fu. Ainsi qu’une plus grande puissance.

En effet si vous ne connaissez point la franchise, Shenmue III reprend les bonnes vieilles habitudes, avec sa simulation de vie crédible. Si l’on désire quelque chose, il ne suffira pas de briser de la faïence locale ou encore de tabasser du malandrin. Enfin ça, ça aide quand même.
Ici, l’on se retrousse les manches pour gagner de quoi becter & acheter d’autres ustensiles. Ryo est un véritable carriériste & souvent un cariste tout court. Quand il ne découpe pas du bois. Il sera aussi envisageable de gagner sa croûte & sa monnaie pour les arcades, par des jeux de plus ou moins hasard. Histoire de ne pas paraitre trop honnête.

Et du fric il en faudra, afin d’acquérir des objets plus qu’utiles. Puisque l’on en aura besoin pour avancer dans la trame principale.
D’autres seront à dénicher. La fouille est constante, l’on visite partout, ouvre tout ce que l’on peut… Il ne faut pas hésiter, tant l’on navigue au sein d’une perpétuelle enquête. En notant ses indices sur son fameux carnet. Qui nous servira toujours énormément, Shenmue III ne nous tenant pas par la main.

N’importe quoi, je ne claque pas tous mes yen dans des figurines…

Parmi les multiples activités, l’on retrouve tout ce qui fait le charme de la série & qui a bouleversé le médium vidéo-ludique. De nombreux jeux reprenant depuis ce principe de vie, avec des loisirs totalement sans intérêt direct sur la trame & par conséquent complètement indispensables.
On s’éclate toujours autant à se ruiner aux machines à gashapon en arguant : ” allez encore une fois c’est la bonne “. Alors qu’il ne s’agit que de virtuel. Mais l’on se prend au jeu, en victime de la société consumériste que nous sommes. Et au pire, en complétant une collection, on pourra toujours les revendre dans le jeu pour un petit pécule.

L’expérience nous fait explorer 2 grandes zones, Bailu et Niaowu. D’une part le village chinois aux sublimes couleurs & à l’architecture d’antan. De l’autre, une cité portuaire au charme très différent & davantage animé par la population & les boutiques.
En ce qui concerne la direction artistique des environnements, Shenmue III s’avère grandiose. Le style, les tons, les associations… On a plaisir à visiter les lieux.

Ce qui nous permet de relancer notre marotte à propos de la différence entre une direction artistique somptueuse, équivalant à un univers visuel réussi. Par rapport à une débauche technique, dont la majorité des jeux qui en ont les moyens, proposent pourtant une DA sans âme. Juste des reflets & parfois textures sur lesquelles la communication s’emballe, alors que le vide identitaire est palpable.
Vous l’aurez saisi, Ys Interactive propose des décors envoutants & tout le toutim. Mais une technique à ne pas comparer avec ceux-ci, qu’il surpasse autrement.

Pour les personnages, l’on imagine que le choix a été pris de conserver un ton Dreamcast dans leur style. Du physique, en passant par leur déhanché & leurs expressions faciales. Ce qui s’avère loin d’être une tare pour nous. Il s’agit vraiment d’un concept & nous l’aurions poussé à en faire un jeu SEGA Saturn. Ce qui reste très subjectif…
Là où le bât blesse techniquement, ce sont des bugs par-ci, par-là, qui n’entravent heureusement en rien le bon déroulement.
Et qui par ailleurs restent minimes par rapport à ceux de AAA bien plus coûteux. Il faut comparer ce qui est comparable. Par conséquent, même si un jeu ne devrait souffrir d’aucun souci (sauf grosse surprise avec certaines manipulations) à sa sortie, autant vous dire que celui-ci n’atteint pas les problèmes de quantité de ses concurrents sur ce point. Et surtout, l’on n’a jamais été bloqué à cause de cela.

Après avoir vécu, et non seulement y jouer, Shenmue III, l’on imagine sans mal que beaucoup de ne l’apprécieront point. Pour la bonne et simple raison qu’il sort des sentiers battus des jeux d’action/aventure actuels. Dans l’éventualité où vous ne jureriez que par les mêmes mécaniques, éculées à toutes les sauces, avec finalement juste un univers qui change, soit simplement un habillage, vous serez clairement déphasé(e)s. Néanmoins, peut-être que c’est pile ce qu’il vous fallait, car vous n’êtes ni réactionnaire, ni réfractaire. Tandis que si vous l’êtes, sortir du carcan des mêmes JV que vous enchainez inlassablement avec des skins différents, sera compliqué. Vous aurez du mal à vous faire au mélange d’originalité & de codes à l’ancienne. Qui là parleront à celles & ceux les ayant connues, ainsi qu’aux curieuses/eux. Qui arpenteront une aventure terriblement addictive.

Inod

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