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Ruz7

Après la version française de Red7, dont vous vous demanderez dans quelques instants « pourquoi ne s’appelle-t-elle pas Rouge7 ? », voici venir sa version en breton : Ruz7 (Nuts! Publishing/Asmadi Games/Blackrock Games). L’on apprécie constamment vous parler de jeux, peu importe la langue employée en leur sein. Et pour la 1e fois, l’on fera donc un tour en Bretagne, par cette localisation du jeu de Carl Chudyk & Chris Cieslik.

Débutons en précisant que le principe de ce divertissement que vous connaissez peut-être déjà en français ou en anglais, reste immuable. Ce qui permet de ne pas avoir une idée mi-figue, mi-raisin, au cas où vous vous pencheriez sur cette édition, sans pour autant connaitre les précédentes.

Mais si vous y avez joué & ne parlez pas encore ou peu breton, vous aurez au moins directement vite l’avantage de progresser sur ce point. Néanmoins aucun problème quel que soit votre cas, nous avons justement essayé Ruz7 avec différents publics sur cet important détail linguistique que l’on vous conseille d’exercer au moins avec les chiffres, coloris & lieux spécifiques de l’aire de jeu. Force est de constater qu’il fonctionne particulièrement bien pour vite se faire la main. Le fameux adage d’apprendre en s’amusant, s’avère complètement au menu.

Comme d’autres jeux de cartes d’ambiance où la réflexion est de mise, Ruz7 propose une dualité pour ses éléments. En premier lieu un chiffre pour chaque, qui va de 1 à 7. Classiquement, le 7 est une valeur plus élevée que les autres. Et vous comprenez donc sans aucun souci que le 6 l’est plus que toutes, sauf le 7 … En parallèle, ces cartes arborent une des 7 couleurs de l’arc-en-ciel. Cette fois, la supériorité se traduit par l’ordre du spectre de ce phénomène. En l’occurrence : Rouge, Orange, Jaune, Vert, Bleu, Indigo & Violet. Soit un super sentai de haute qualité, même si l’on arguera toujours qu’il manque du rose. En somme, une égalité entre chiffres se départage par le coloris. Le vert plus fort que l’indigo, le violet moins que le jaune, le rouge éclate tout le monde… Vous avez saisi le principe.

En vue de remporter la session, les 2 à 4 participant(e)s devront au terme de leur propre tour, remplir la nouvelle condition de victoire. Car l’objectif de l’expérience, s’avère de continuellement faire évoluer ce but à atteindre, visible sur le Tableau (la défausse). Selon notre propre carte que l’on choisira de jouer, l’on devra compléter ce défi par la présence de plus de cartes dans notre Palette personnelle (face visible), correspondant au besoin de la carte au Tableau. Ce qui n’est bien entendu pas systématiquement envisageable, surtout au fil du temps avec les éléments restant en main. Dans l’éventualité où l’on en est incapable, on se retrouve éliminé(e) du « round ».

Cette condition imposée au tableau, changera selon la gamme colorée utilisée. Pêle-mêle, les 7 variantes peuvent demander de détenir davantage de cartes paires, d’éléments de valeur inférieure, voire d’une même ou de différentes couleur(s). Ou bien carrément de constituer une suite, de posséder la plus haute valeur, voire des cartes d’un numéro identique. & surtout, n’oubliez pas que cela combine chiffre & coloris.  Exemple, avoir un 7 pour la plus haute valeur, peut très bien s’avérer insuffisant si l’on vous en oppose un rouge, alors que vous avez une autre gamme.

Pour en arriver là, vous devrez lors de votre tour sélectionner une action. Censée vous permettre d’être en condition de victoire au terme de votre passage. Puis la personne suivante en fera de même pour qu’elle soit celle qui réunisse la potentielle nouvelle requête pour l’emporter. & ainsi de suite, comme nous l’évoquions précédemment. Il s’avère même envisageable de se coucher, alors que l’on peut jouer. Tandis que si l’on n’a plus une carte, l’on perd dès l’arrivée de son tour. Ce qui peut fréquemment se provoquer, étant donné que les actions requièrent plus ou moins d’éléments.

Justement, au niveau des actions plus concrètes, l’on pourra envoyer une carte de sa main (visible que pour soi), vers sa palette face visible. En précisant que l’on démarre Ruz7 avec bien sûr 7 chiffres en main, en plus d’un sur sa palette. L’opportunité est aussi laissée de directement placer une carte de sa main, sur le tableau, pour qu’elle indique la nouvelle requête gagnante. La combinaison de ces 2 actions en une est concevable également. Cependant attention, car cela retire 2 cartes de votre main & peut donc vous réduire rapidement à néant.

On prend aisément le coup de main, en mêlant tous les publics. Et à ce propos, Ruz7 propose de relever la difficulté par une variante avancée. Qui déjà se veut plus longue, puisque que l’on jouera davantage qu’un round, pour glaner la partie. Avec des points qui se cumulent & peuvent inciter à esquiver un tour, pour en risquer moins. Mais l’on pourra aussi piocher une carte, si celle que l’on défausse au tableau a une valeur chiffrée supérieure à la quantité d’éléments dans notre palette. Ce qui accentue la planification tactique.

Désormais aguerri(e)s, vous pouvez rejoindre la version pour les expert(e)s. Où des actions supplémentaires s’adjoignent aux cartes impaires. Avec la nécessité de les effectuer, si l’on en est capable. Ce qui peut nous obliger à jouer un élément en plus sur notre palette. Qui peut carrément entrainer une nouvelle action… On retrouve aussi la possibilité de piquer une carte dans une palette & l’envoyer au top de la pioche. S’octroyer une pioche. Ou enfin, de défausser au tableau un élément de notre palette, voire de la poser au-dessus de la pioche. Il devient indispensable de réfléchir à long terme, pour faire de ces spécificités des alliées en chaine & non des pièges envers soi-même.

Comme généralement chez ce type de jeux, l’on retrouve des visuels qui misent essentiellement sur la bonne visibilité. Il s’agit bel & bien du cas de Ruz7 également. Qui sait tout de même aller plus loin, via son univers ancré dans l’art pictural, vous l’aurez remarqué. Entre le tableau & les palettes en guise de termes au sein de l’aire de jeu, on baigne en plein dedans. Ce qu’Alanna Cervenak prolonge par ses illustrations très énergiques, avec de vraies explosions de peintures sur les cartes.

Dès ses règles de base, Ruz7 est un jeu qui donne la gouache ! Rapide et aisé à comprendre, l’on prend ensuite le risque de monter en grade. Transformant son identité de jeu de cartes d’ambiance, en une stratégie beaucoup plus profonde. Soit plusieurs véritables approches, un choix très appréciable.

Inod

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