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Don’t fake your smile – tome 1

Déjà connue par les amateurs du catalogue Soleil Manga, pour ses oeuvres My First Love, Secret Sweetheart et le plus notable Lovely Love Lie, c’est cette fois-ci chez Akata qu’Aoki Kotomi fait son retour avec Don’t Fake Your Smile. Série prévue en 9 tomes, elle est classifiée par l’éditeur “Romance”, “LGBT” & “Sexisme”, un nouveau titre se rangeant dans leur ligne éditoriale engagée, abordant des problèmes de société.

Gaku était autrefois un garçon à problèmes, mais depuis sa rencontre avec la lumineuse Niji, il s’est assagi. Il vit désormais un quotidien de lycéen ordinaire, en compagnie de son meilleur ami, Hiyori. Gaku aime en secret Niji, devenue depuis vice-capitaine du club de judo. Mais aucun de ces trois-là n’était prêt à ce que la vie allait leur faire subir. Entre le coming out pudique de l’un, les méprises de l’autre, et surtout l’agression sexiste infligée à la dernière … Comment se construire à l’adolescence, entre douleur, secrets, culpabilité et faux-semblants ?

Résumé éditeur 

Ce premier tome s’ouvre sur une présentation claire de nos 3 protagonistes, Niji, Gaku, et Hiyori, tous les trois membres du club de judo, et leurs liens sont très rapidement et efficacement mis en avant : le trio se montre soudé, et si au premier abord on peut penser à un énième triangle amoureux que l’on balance vulgairement sur les premières pages et qui se verra traité de manière bancale, Aoki Kotomi prend le tout en main pour une romance plus actuelle; la confession d’Hiyori sur son orientation sexuelle et ses sentiments pour Gaku, les sentiments de ce dernier pour Niji, et le quiproquo qui va en résulter lorsque Gaku pensera que son aimée est en couple avec Hiyori. On pourra reprocher le côté bourrin du quiproquo, mais il sera moteur pour la suite, témoin d’un certain bal des masques, masque que chacun porte pour se protéger au quotidien. Ce point sera développé dans la suite.


Le coming-out du personnage d’Hiyori, dès les premières pages, avance d’autant plus la complicité unissant nos héros, rendant celui-ci notamment, plus touchant : il se découvre devant ses meilleurs amis (du moins, il avait pour volonté de l’avouer à ses 2 camarades), avec beaucoup de pudeur et de timidité, il craint leurs réactions, manifeste son questionnement sur sa sexualité, la peur d’en parler à ses parents… Une problématique toujours d’actualité, mise en place sans trop de dramatisme. Le tout est dosé avec justesse. 

En parallèle, Don’t Fake Your Smile aborde la thématique tristement réelle et omniprésente de l’agression sexuelle avec le personnage de Niji. Présentée comme étant une jeune fille forte et avec du caractère, cette dernière tentera de présenter sa situation comme maîtrisée auprès de toute sa classe, l’abordant sur le ton de l’humour. Mais elle sera malheureusement très rapidement rattrapée par les événements, et devra faire preuve de beaucoup de courage pour se reconstruire… Épaulée par ses deux amis. Le sujet est mis en place avec énormément d’authenticité, on fait face à une agression sans voyeurisme, aucune perversion apparente, mais qui laisse des marques, aussi bien chez la victime, que chez son entourage, avec notamment le sentiment de culpabilisation chez Gaku. Ce premier tome présente d’ores et déjà une amorce du traitement des syndromes post-traumatiques, et il est vraiment très plaisant de voir un tel sujet pris avec sérieux. A cela s’ajoute l’effet pervers de la foule, les rumeurs, qui prendront probablement de l’importance dans la suite de la série. 

En outre, l’histoire s’articule autour du trio, et il est intéressant de remarquer que chacun d’entre eux se cache, d’eux-mêmes ou des autres. En soit, le titre, “Don’t Fake Your smile” peut s’appliquer à tous nos protagonistes: Niji qui prétendra que son agression n’a eu aucun effet sur sa personnalité rayonnante, Gaku qui cachera son amour pour celle-ci, sa peine de la voir avec un autre, et sa culpabilité par rapport à l’agression, et Hiyori abritant celui qu’il est réellement, étant dans le placard, et camouflant ses sentiments à l’égard de son meilleur ami. Une thématique d’autant plus forte à l’adolescence, période où l’on se cherche, où l’on se trompe, où l’on expérimente.

Pas de surprise au niveau des graphismes, on retrouve bien la patte de l’auteure, les habitués ne seront pas chamboulés, le tout reste très propre et épuré.

don't fake your smile

Pour conclure, Don’t Fake your smile s’offre un premier tome avec énormément de potentiel, mettant en avant la maturité de l’auteure, un réel bon départ, qui annonce une excellente série, si les thématiques abordées poursuivent sur leur lancée. Toutes les bases sont posées, et il ne fait sans nul doute que la suite de la lecture se fera avec beaucoup d’émotions. Un titre à recommander à tout âge, pouvant sensibiliser sans choquer.

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Ce sont 2 grandes situations éloignées entre elles, tant géographiquement que dans leur facette, que …