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Loser

C’est un duo gagnant du milieu du jeu de société que l’on retrouve derrière Loser (Lifestyle Boardgames/Atalia). En effet, Bruno Cathala & Vincent Dutrait nous prennent ainsi à contrepied dès le titre. Méthode maligne pour un jeu de bluff.

Ruser deviendra même votre leitmotiv tout au long de Loser, que l’on aurait presque pu intituler Frogger. Mais c’était peut-être un chouïa trop déjà accaparé par une célèbre licence vidéo-ludique. Les 3 à 6 magicien(ne)s qui y prendront part, devront potentiellement réussir à conserver jusqu’au bout d’une manche, la plus forte des potions dans leur main. Néanmoins, le hasard du tirage fait qu’évidemment l’on peut se retrouver uniquement avec des faibles, parmi les 19 cartes Potion. Dans cette éventualité, rien n’empêche d’enter dans la tête de ses adversaires, pour faire croire que l’on en possède une élevée. Tout en choisissant volontairement de garder la plus faible, pour assurer le coup lors du jugement final. Où les joueuses/eurs voteront par rapport à cette donne, avec le risque pour chacun(e) d’être transformé(e) en grenouille. Mais l’on vous détaillera cela plus tard, quand vous aurez davantage d’explications.

Avant d’en arriver là, l’on distribue plus ou moins de potions selon la quantité de personnes. Puis dispose le reste au centre de l’assemblée. Si l’on préserve bien sûr nos cartes à l’abri des regards indiscrets, celles non donné(e)s se transforment en un mix de cachées & visibles par toutes/tous, sauf à 6. Ce qui octroie à Loser plusieurs approches au niveau de la déduction, à propos de ce que nos rivales/aux détiennent. Ainsi que sur les interactions. On prépare ensuite la pile Sortilèges, ces derniers offrant des actions très distinctes. Dont de très amusantes, pour enquiquiner nos voisin(e)s de jeu. Mais également des tuiles Action communes, à utiliser durant la partie. Une qui permet d’échanger une de ses cartes ou celles d’un(e) opposant(e), contre une face cachée dans celles au centre de la table. Et une seconde pour récupérer un sortilège ou regarder au sein des cartes de quelqu’un(e).

En sachant que l’on évolue à tour de rôle & qu’une manche enclenche le vote de conclusion dès que tout le monde n’a plus qu’une carte en main, l’on mettra en place une stratégie fourbe à bien des égards. Parmi les 19 cartes, quand celles parmi les plus fortes (de 16 à 19) sont jouées, elles doivent forcément l’être face cachée devant soi. Si bien que l’on est au courant qu’une importante valeur est sortie, mais laquelle ? S’agit-il d’un traquenard pour nous faire songer que la/le participant(e) n’a plus une grosse carte ? Surtout si au moins 2 sont jetées ainsi, alors qu’elle/il en a une autre en réalité ? Peut-être même la 15, considérée dans les faibles, mais qui peut amplement suffire pour devenir la plus grande au terme d’une séquence.

Il s’avère tout autant envisageable de jouer l’une de ces cartes de 1 à 15. Sauf que cette fois, elle sera visible. On peut de cette façon savoir quel chiffre ou nombre est éjecté. Et inclure l’information à sa résolution. Établir un tel élément offre l’occasion de servir d’une tuile précédemment évoquée. Voire d’user directement d’un sortilège, si l’on en a acquis.

Selon le sortilège, l’on pourra très bien influer sur la stratégie directe de l’intégralité des participant(e)s. Comme si d’un coup la règle devient que la potion la plus faible gagne. Mais vous pouvez également envoyer un sort à autrui, obligeant à baisser le pouce dans le vote dont l’on va vous parler. Un outil génial si l’on est persuadé(e) qu’elle/il n’a que des fortes en main. Voire pour l’aiguiller, afin de s’assurer une protection. Ou plus machiavélique, de lui faire croire qu’il faudra baisser le pouce car vous avez vu des cartes chez les autres. Sauf que vous bluffez pour la/le faire chuter…

Et l’on en arrive au fameux jugement, dès que chacun(e) n’a plus qu’une potion en main. Tandis que d’autres restent cachées sur l’aire de jeu, au minimum les plus puissantes. Entre ce que l’on possède comme détails, notre réflexion sur certains agissements & la dose potentielle de hasard selon les personnes & leurs informations, l’on devra voter simultanément en conséquence. Si l’on imagine détenir la plus élevée valeur, on lève le pouce. Si l’on ne pense pas l’avoir, on le baisse. Dans la situation où on l’a effectivement en sa possession alors que l’on a levé notre doigt & que les autres ont baissé le leur, celle/celui avec le plus faible élément retourne une des 2 cartes constituant son protagoniste. Désormais mi-grenouille & quand les 2 parties seront batraciennes, elle/il deviendra la/le Loser !

Ceci nonobstant le moyen d’esquiver cette sentence. Car si une personne a levé le pouce, alors qu’elle n’a pas la meilleure potion, elle subit ce sort. La plus basse carte impactant sa/son propriétaire, en cas de plusieurs pouces dressés. Et si carrément vous détenez la plus puissante, mais que vous baissez le doigt, peut-être car forcé(e) à cause d’un sort, la moitié de votre corps se transforme. Cadeau tout de même, un tel changement physique délivre un sortilège à sélectionner parmi 2, à conserver pour la suite. Le second étant offert à sa/son voisin(e) de gauche.

Nous vous l’annoncions, Loser réunit Vincent Dutrait aux côtés de Bruno Cathala, mais pas à l’illustration cette fois-ci. Cette partie étant dévolue à Aleksandra Petruk, qui nous projette dans une ambiance mystique de magie par les tons. Tout en l’agrémentant de dessins assez drôles, avec ces double-cartes personnages humains/grenouilles.

Le rôle de perdant(e) s’enchaîne à toute vitesse, tant Loser s’avère un jeu où la tactique & la déduction sont réellement au rendez-vous, au sein d’une facette jeu d’ambiance hyper dynamique. Ce qui permet à tous les publics de facilement se plonger dans une telle dimension ludique. Avec ce qu’il faut de guet-apens à balancer à ses comparses pour s’éclater !

Inod

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