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Liz et l’Oiseau Bleu

C’est après une année d’attente que la France voit enfin arriver le deuxième long-métrage de YAMADA Naoko au cinéma “Liz et l’Oiseau Bleu“. Après une très belle adaptation du manga de ÔIMA Yoshikito, nommé chez nous « Silent Voice », la jeune réalisatrice revient avec un projet qu’elle connaît plutôt bien.

Du light novel à la série

« Sound ! Euphonium » est avant tout une série de light novel écrite par TAKEDA Ayano. Des romans qui connurent une version animée chez Kyoto Animation (aussi responsable du film que nous voyons aujourd’hui). Mais aussi un premier et dernier épisode réalisés par YAMADA. Seulement le scénario de YOSHIDA Reiko (que la réalisatrice retrouve après son premier film) est plus indépendant que la série. Bien pratique lorsque l’on ignore tout des œuvres précédentes.

Alors que l’orchestre du lycée s’apprête à passer un concours rigoureux, nous allons découvrir que le duo du morceau qui a été choisi, « Liz et l’Oiseau Bleu » joué par Mizore et Nozomi, possède plus d’enjeu auprès des deux jeunes femmes que le simple envol de l’oiseau qu’il met en musique. La première est taciturne, tout l’opposé de la seconde, extravertie. Ceci nous est montré à travers une séquence introductive efficace, alors que les héroïnes se contentent juste de traverser le lycée, un dimanche matin.

En passant par le conte…

En parallèle, nous aurons droit à l’histoire ayant inspirée le morceau. « Liz und ein Blauer Vogel » est un conte de fée Allemand, mais aussi l’histoire préférée de Nozomi. Lors de la mise en images de ce conte, le design change, les couleurs sont plus vives, les personnages plus longilignes. Mais nous aurons aussi l’impression de se retrouver devant une œuvre du studio Ghibli. À moins que ce ne soit l’aspect peinture aquarelle qui offre cette sensation.

Liz est une jeune boulangère d’un petit village. Elle est solitaire, mais aime les animaux et vit paisiblement. Un jour elle aidera une jeune fille évanouie devant sa porte. Elles deviendront les meilleures amies du monde. Ce, avant que Liz ne constate que son amie est un oiseau. Dès lors la boulangère va devoir faire un choix, continuer ainsi, ou redonner sa liberté à l’oiseau.

…musical

Il est intéressant de constater que le conte trouve une répercussion dans les sentiments des héroïnes. Seulement ce sera à travers la musique que l’émancipation affective aura lieu. Dans une scène proche de la fin, où la musique offrira une forte émotion. Celle-ci est composée par USHIO Kensuke et MATSUDO Akito, et est essentiellement orchestrale. Les compositions donnent une identité forte au film, et offre les premiers rôles au hautbois de Mizore et la flûte traversière de Nozomi.

C’est l’évolution de la relation amicale entre les deux futures diplômées que nous propose de suivre YAMADA Naoko ici. En profitant à la fois d’un conte et d’un morceau orchestral pour donner un moyen de s’exprimer à la renfermée Mizore. Le film ne fait absolument pas dans le spectaculaire. Pas de scène d’action, pas de thème tabou à explorer, non, juste l’évolution de deux futures anciennes lycéennes.

Calme

Alors que nous pourrions croire l’histoire ennuyeuse, il n’en est rien. Le rythme posé du récit permet de se concentrer sur les sentiments des personnages et de ressentir plus d’empathie envers eux. Enfin, l’absence de personnage masculin mais aussi d’adulte est flagrante. Il y en a bien quelques uns, mais le récit est concentré avant tout sur les personnages féminins. Un peu comme dans « Azumanga Daioh », mais ici en moins drôle.

De plus, le fait de basculer parfois dans le monde du conte de fée, avec l’histoire de Liz, permet de comprendre de façon plus aisée ce que ressentent Nozomi et Mizore. Cette dernière aura beaucoup de mal à comprendre pourquoi Liz laisse l’Oiseau Bleu partir, avant de saisir les sentiments de l’animal. Dès lors Mizore va commencer à s’ouvrir aux autres, ce qui marque un changement fort pour la jeune femme, qui se ressentira jusqu’à sa façon de jouer le fameux duo.

Un moment plaisant

Durant 90 minutes on se retrouve face à un spectacle magique, avec des personnages fouillés et complexes. Le rythme est lent, mais le découpage avec le conte (qui change d’univers) permet de ne jamais ressentir d’ennui. La musique possède une place particulière et accompagne parfaitement les images. Celles-ci sont très bien animées, avec un point fort pour les yeux des personnages, bluffant de réalisme. Les comportements (dont les tocs de Mizore) sont aussi impressionnants, rendant les personnages vivants et presque réalistes.

Un bref moment de vie de deux adolescentes que la fin du lycée angoisse un peu, avec le choix d’avenir et la peur de perdre cette amitié puissante. Il y sera aussi question de la difficulté d’exprimer ses sentiments, ce que les passages musicaux font avec perfection. Un film qui vous fera ressentir moult émotions et que nous vous conseillons si vous aimez les contes de fée. Grand merci à Eurozoom de prendre le risque de proposer un telle œuvre. Pas spécialement attirante mais offrant une expérience agréable au fort potentiel émotionnel. À voir.

Source : Chaîne YouTube  EUROZOOM

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