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Kiki La Petite Sorcière

Une large partie d’entre vous connait certainement Kiki La Petite Sorcière, sous sa version animée. Si Hayao Miyazaki et le Studio Ghibli ont ainsi porté l’adolescente aux yeux du monde, il ne faut pas en oublier son origine. Celle signée Eiko Kadono, dont l’on retrouve désormais le premier tome chez Ynnis Éditions.

Notre héroïne, Kiki La Petite Sorcière vous l’aurez compris, vit dans une charmante bourgade avec Jiji le chat et ses parents. En l’occurrence Kokiri sa mère, qui est une sorcière dont le pouvoir est la confection de remèdes contre les éternuements. Tandis que son père Okino est un humain tout ce qu’il y a de plus banal. Cela n’a pas empêché la fillette de bénéficier de pouvoirs propres à une sorcière. L’entrainant vers la règle de la caste. Dans un premier temps à 10 ans, où l’on doit décider si l’on choisit la voie de la sorcellerie. Un choix délicat à un si jeune âge. Suivi de 3 ans d’apprentissage si les sorcières en herbe disent oui. Ce que fit évidemment Kiki. Lui incombant à partir de 13 ans de quitter le nid familial, pour s’établir elle-même dans une autre ville.

Avant qu’elle ne parte, l’on découvre déjà la grande gentillesse de Kiki. Très enjouée et pas réellement espiègle, mais un peu coquine. Surtout quand il s’agit de changer les codes instaurés par la sorcellerie. Ou encore quand sa mère veut lui apprendre quelque chose. On ressent immédiatement cette envie de la jeune fille d’être une sorcière comme elle le désire. Moderne comme elle peut le suggérer. Néanmoins, l’on se rend tout autant compte qu’elle n’est pas vraiment confiante en elle. Ce qui se vérifiera d’autant plus à partir du moment où elle sera en face d’autres personnes que sa maman. Avec qui l’entente est toutefois très bonne. D’où la dureté du départ de Kiki. Ainsi que de Jiji, typique chat noir de sorcière, comme vous l’apprendrez.

Si dans son village tout allait bien, tant Kokiri est respectée, Kiki ignore totalement si le lieu où elle s’installera n’a rien contre les sorcières. Les légendes péjoratives sont tenaces et les gens ont constamment peur des personnes qui ne sont pas leur reflet. Kiki La Petite Sorcière s’avère notamment un poignant ouvrage sur ce point. Et celle-ci a pour but de montrer aux gens qu’elle est une personne bien, peu importe cette « différence ». Simultanément, elle a besoin que la population fasse plus que l’accepter, en vue de trouver une manière de gagner sa croute (de pain comme vous le constaterez), grâce à ses talents. Malheureusement, les pouvoirs des sorcières diminuent comme peau de chagrin. Nulle explication à ce phénomène pour le moment. Mais l’on est intrigué(e)s.

Ce qui se répercute sur les capacités de Kiki. Car si sa mère est capable de trouver un remède aux éternuements, cela ne signifie pas que sa fille le soit également. Elle doit ainsi explorer le champ des possibles, pour trouver une activité en relation avec ses, voire son unique spécificité en tant que sorcière. Et justement, pour l’instant elle maitrise surtout la base, à savoir : voler avec son balai. De là viendra l’idée d’ouvrir un service de coursière. Aidée en ce sens par une sympathique habitante. Justement, cette notion d’entraide est au cœur de Kiki La Petite Sorcière. Ce premier volume démontre un certain partage, à partir du moment où les personnes remarquent que notre héroïne est aussi attachante, que travailleuse. On apprécie énormément cette notion. Ce que le troc de services/cadeaux, renforce de manière concrète. Une société finalement bien plus humaine que la nôtre.

Kiki progresse au fil du temps et l’on a plaisir à la suivre durant cet apprentissage sur le tas. Avec des demandes florissantes des autochtones. La rendant de plus en plus importante. Tout en la suivant dans son évolution en tant qu’ado, avec la rencontre d’autres jeunes. Cette facette s’intensifie vers la fin, mais nous n’en dévoilerons bien sûr pas davantage. Sachez juste que l’envie de découvrir jusqu’où cela la mènera, se fait sentir.

Aussi drôle que touchant, le tome 1 de Kiki La Petite Sorcière amuse autant qu’il fait réfléchir. Ce second atout qui se développe d’un côté via son évolution et de l’autre par les relations avec le monde. Le comportement des gens en voyant débarquer une sorcière, puis lors de leur rencontre et finalement celui après avoir traité ou discuté avec elle, changeant radicalement. Un roman à la sensibilité humaine particulièrement prononcée.

Inod

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