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Interview Kachou Hashimoto (Cagaster, Arbos Anima)

Bonjour, pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Bonjour, je m’appelle Kachou Hashimoto, je suis mangaka au Japon. Vous avez pu me découvrir avec le titre Cagaster publié aux édition Glénat. C’est un manga qui est d’abord sorti en France, pour être ensuite publié au Japon chez l’éditeur « Tokuma Shoten ».

Comment vous est venue l’idée de devenir mangaka, et de travailler dans ce domaine ?

J’adore dessiner depuis que je suis toute petite. Mais je n’ai vraiment envisagé la voie de mangaka qu’à ma deuxième année de collège.

Quels ont été vos inspirations et vos modèles pour vous lancer dans ce milieu ?

C’est grâce au manga Ushio e Tora de monsieur Kazuhiro Fujita (Karakuri Circus, Moonlight Act, etc.) que je me suis lancée dans cette aventure. Cette lecture m’a marqué. Depuis, je n’ai qu’une envie : devenir moi-aussi mangaka et proposer des titres qui soient tout aussi passionnants !

Vous avez commencé à publier vos œuvres d’abord via internet. Qu’est-ce qui vous a poussée à passer le pas avec une maison d’édition telle que Glénat ?

Comme beaucoup d’auteurs de ma génération, j’ai commencé à publier mes titres sur internet. Je les corrigeais et les distribuais moi-même en fascicules et fanzines auto-éditée au « Comitia », une convention japonaise qui réunit des auteurs qui proposent des titres originaux. Lors de cet événement, une éditrice de chez Glénat est arrivée, a pris mon fascicule et a proposé de publier mon titre en France. À ce moment-là je me suis dit : pourquoi pas une sortie en France ? Cela peut être intéressant…

Par rapport à cette sortie en France, êtes-vous contente du contact avec le public français, est-ce que vous avez été bien accueillie ?

Au départ j’étais un peu nerveuse parce qu’au Japon on a toujours une image dela France très « chic », c’est le pays de l’art ! Du coup j’ai été agréablement surprise et très heureuse de l’accueil chaleureux du public ici.

Kachou Hashimoto

Dans votre dernier manga Arbos Anima, le thème central est la botanique, est-ce que c’est un sujet qui vous passionnait déjà, ou que vous avez plutôt découvert en faisant des recherches ?

J’ai toujours beaucoup aimé les plantes. Par passion, j’allais souvent dans les arboretums et les jardins des plantes. Mais l’idée de faire un manga sur la botanique au XIXe siècle ne m’est arrivée qu’après. Je me suis alors rendue compte que je n’avais aucune culture sur toute cette partie. J’ai donc dû me documenter énormément pour écrire le scénario. J’ai passé mon temps en bibliothèque à éplucher les livres pour en savoir le plus possible.

Ce manga est plutôt Shonen que Shojo, qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le style Shonen ?

Ça revient quelque part à mon premier contact au manga, ce premier choc qu’était Ushio e Tora publié dans le Shonen Sunday au Japon. Comme mon premier manga coup de cœur était un shonen, j’ai toujours continué à lire et à faire du shonen. Je n’ai même quasiment jamais lu de shojo.

Comment vous viennent vos idées lors de la création de vos mangas ?

Quand on crée un manga, il n’y a pas d’idées qui arrivent comme ça. Tout est basé sur nos propres connaissances. On s’aide de celles qu’on a acquises dans sa vie, et on les associe avec son histoire, ses émotions, pour pouvoir avancer.

À l’avenir souhaiteriez-vous qu’il y ait un anime basé sur l’un de vos mangas ?

C’est vrai que j’adore les animes. Mais par contre ceux que j’apprécie sont souvent des animes originaux, c’est à dire qu’ils ne sont pas basés sur des mangas préexistants. On a tendance à penser que le graal pour un mangaka est de voir son titre adapté en anime, mais pour moi c’est tout à fait autre chose. Je serais évidemment ravie qu’un de mes titres soit décliné en anime, mais mon objectif en tant que mangaka, c’est que mon manga trouve son aboutissement d’abord en tant que manga.

Question de société, est-ce que pour une femme mangaka c’est plus compliqué de se faire éditer ou d’être reconnue aujourd’hui ?

Au niveau social je ne ressens pas de problème à être une femme mangaka. Il existe de grandes mangakas au Japon, comme madame Rumiko Takahashi (Lamu, Ranman ½, Rinne, etc) ou madame Hiromu Arakawa (Fullmetal Alchemist, La légende d’Arslân, etc.) qui sont très connues et qui ont ouvert la voie à d’autres femmes artistes. Le seul point « négatif » réside plutôt dans le travail en lui-même qui est très contraignant, en termes de résistance et de forme physique. Être une femme est peut-être pénalisant sur ce plan mais c’est un souci personnel et non pas social.

Pour finir, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour l’avenir du manga dans le monde ?

Aujourd’hui des mangakas de tous les pays du monde commencent à être édités au Japon. Les mangas japonais sont eux-mêmes édités à travers le monde. Il y a donc vraiment une mondialisation du phénomène du manga, un partage universel. Moi-même, j’ai effectivement commencé à publier sur internet et j’ai pu être publiée en France donc j’aimerais qu’il y ait encore plus d’échanges. Je vois vraiment un avenir qui ne suit plus la voie traditionnelle de publication au Japon, mais bien un renouveau mondial du manga.

Interview Kachou Hashimoto
Photo prise par Blizko Communication

 

Un grand merci à l’équipe de Japan Touch.
Interview réalisée par Miloki pour le Yatta Fanzine.
Correction et approbation par l’équipe de Glénat

 

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