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Interview de Caly, auteure de Hana no Breath

  • Tout d’abord, bonjour, et merci d’avoir accepté cette interview ! Alors, est-ce que tu pourrais te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas s’il te plaît ?

Je suis Caly, l’auteure de Hana no Breath. Je m’occupe du dessin et j’écris aussi le scénario. J’avais d’autres projets avant, mais Hana no Breath est mon premier projet édité.

  • Justement, on va commencer par parler de ces précédents projets ; tu as débuté en 2007 avec Maho Megumi, alors que tu n’étais encore qu’au lycée. Au départ, au format Web-comic, et ensuite tu as pu le publier en auto-édition. On ressent par les thématiques que tu abordes, et par ton style également, qu’il y a des influences des animes des années 2000, comme par exemple Magical Dorémi … L’animation japonaise a-t-elle bercé ton enfance ? Cela peut-il expliquer aussi le choix du média du manga, à l’instar de la BD franco-belge ?

Alors oui, c’est une bonne question, parce que ça s’est vraiment fait comme ça. J’ai découvert les mangas justement via Magical Dorémi, Card Captor Sakura, qui passaient sur M6 avant. Je dessinais depuis toute petite, mais ce n’était pas du tout influencé par le manga pour le coup. Et c’est vrai que ce sont ces animes-là qui m’ont poussé vers le manga, à lire aussi des séries, et qui m’ont aussi poussé à écrire des histoires enfin.

  • Comment t’es venue l’idée de te lancer dans le monde du fanzinat ? On t’appelle parfois ”la star du fanzine”…

C’est un peu trop gros *rire* ! J’ai commencé à en faire en 2011 si je me souviens bien, mais ce n’était pas du tout sérieux *rire*, j’étais avec mon groupe d’amis et on s’était juste dit qu’on allait avoir un stand dans un petit village proche de chez moi, dans le Sud de la France, et j’avais juste quelques cartes, quelques badges que j’avais fait avec une machine Badge-it, pas du tout une machine professionnelle de badges ! Mais voilà, c’était juste plutôt pour s’amuser, pour partager ce que l’on faisait en dessin … Et c’est vrai qu’à l’époque j’avais déjà quelques tomes de Maho Megumi, et ça m’a permis de montrer mes travaux, à un plus grand public, en dehors du format Web-comic.

  • Ta série publiée en auto-édition Maho Megumi est toujours en cours par ailleurs, et en parallèle, tu as pu produire Hana no Breath, qui a été édité par un éditeur pour le coup. Quelles sont les différences entre l’auto-édition et l’édition en passant par un éditeur ?

Déjà la différence c’est que, quand on est en auto-édition, tu dois vraiment t’occuper de tout, de A à Z, de la création de ton livre jusqu’à la diffusion, en parler aux gens, le faire connaître, alors que d’une certaine façon, quand on a un éditeur, on est vraiment soutenu, on a vraiment quelqu’un qui est là, même au début du projet. Quand on rend un chapitre, on a des commentaires retours sur ce que l’on fait … Ce sont aussi des personnes qui vont s’occuper de l’impression, choisir le bon imprimeur, s’il y a des soucis, c’est l’éditeur qui s’en occupera, et on se sent vraiment beaucoup plus encadré. Après, il peut y avoir peut être un petit peu moins de liberté du fait qu’il faut quand même avoir l’approbation de l’éditeur … Mais ça se passe très bien, car c’est une relation dans laquelle il y a quand même beaucoup de communication, et je trouve qu’il y a des choses intéressantes dans les deux, c’est pour cela que je ne pourrais pas dire franchement si je préfère l’un ou l’autre, les deux m’apprennent énormément. Du coup, j’ai autant envie de continuer l’auto-édition, car avec l’auto-édition il y a des libertés qui sont intéressantes, et on peut aussi apprendre d’autres choses que le dessin et l’écriture, il y a tout un côté plus social, parler avec les gens, présenter soi-même son propre travail, ce qui m’a beaucoup aidé à grandir quand j’ai commencé Maho Megumi, et c’est vrai que ce côté-là, je suis contente de l’avoir fait, et j’ai envie de continuer … Mais l’édition c’est bien aussi *rire* !

  • D’ailleurs, comment les éditions H2T ont-elles pu te repérer ? Grâce à tes précédents travaux ?

Grâce à Maho Megumi tout à fait. Elles m’ont repéré au tout début, quand eux-même commençaient à fonder la maison d’édition, et ils cherchaient des jeunes auteurs qui avaient déjà un petit peu d’expérience, et la volonté de faire ça. Et je pense que ce quu m’a permis d’être repérée c’est aussi le fait que, toute seule, j’ai réussi à faire une série en 5 tomes, ce qui est, quand même, une marque de ténacité je pense *rire* ou de folie je ne sais pas, parfois je me demande. Je ne sais pas vraiment ce qui a fait que j’ai été contactée par H2T, mais c’est en partie grâce à ça.

  • Dans Hana no Breath, tu prends le temps de développer des problématiques propres à l’adolescence comme l’influence du regard des autres, la quête de l’identité avec Gwen, l’importance d’être aimé pour ce que l’on est avec Azami. Sont-ce des thèmes chers à tes yeux ?

Je ne sais pas vraiment si je pourrais dire qu’ils me sont ”chers”… Toutes ces questions sont, certes, propres à l’adolescence, mais je pense que l’on y passe aussi à plein de phases de la vie et c’est pour cela que je trouvais que ces sujets étaient intéressants à traiter. Nous poser ce genre de question nous fait grandir, et cela nous permet aussi d’exister dans une société emplie de complexes et qui présente de nombreux débats. C’est important de pouvoir voir ce qu’il y a autour de nous, afin de nous poser des questions par rapport aux autres, mais également par rapport à soi-même, dans le but de trouver en quelque sorte sa ”place” au fond.

  • Par ailleurs, dans cette même série, tu dépeins une romance faisant fi des genres. Était-ce important pour toi d’installer une romance comme telle ?

Dans cette histoire, je privilégie les émotions et les sentiments qu’elles arrivent à se faire passer l’une à l’autre ; c’est au delà de l’individu, c’est réellement de l’amour, mais dans un échange de sentiments, plutôt que de s’intéresser à deux personnes et leurs genres … Enfin, je voulais montrer que ces sentiments pouvaient venir de n’importe qui, n’importe quel être humain. L’être humain m’intéresse, par la façon dont il peut échanger des sentiments. Mais comme l’être humain est dans une société où il y a plein de normes, il faut quand même pouvoir se placer par rapport à tout ces facteurs …

  • Comment t’es venue l’inspiration des personnages d’Hana no Breath ? As-tu un processus de création de tes personnages ?

*rire* Ils me sont venus naturellement, sans démarche particulière ! Je n’ai pas de processus de création, pourtant j’ai plus de 300 personnages …

  • Un peu comme pour Maho Megumi ?

Oui, c’est similaire. Même si dans Maho Megumi, il y a eu des grandes influences de Magical Dorémi ! A la base, Megumi s’appelait Dorémi. Heureusement que j’ai changé le prénom ! *rire*

Souvent les personnages me viennent par hasard. Du coup, quand je crée une histoire … On peut dire que je colle une histoire à mes personnages en quelque sorte … Plutôt que de créer une histoire à laquelle j’ajoute des personnages *rire*.

  • Au moment où tu as été contactée par H2T, avais-tu déjà les prémices d’Hana no Breath ?

C’est une histoire que j’ai commencé à m’imaginer en 2009, donc 2 ans après la création de Maho Megumi … Ce que j’avais dans Maho Megumi, c’était des relations assez fortes, mais qui étaient de l’ordre de l’amitié ; j’avais réellement envie d’essayer d’écrire une romance. J’ai donc débuté une première version d’Hana no Breath, que j’ai pu reprendre par la suite. Comme je maîtrisais les personnages, je les avais déjà eu en main avec mes précédentes planches, c’est vrai que ça a pu faciliter ce choix pour présenter comme premier projet Hana no Breath aux éditions H2T. Ce qu’il faut savoir, c’est que c’est difficile au début d’un projet d’avoir bien en main ses personnages. On a beau les avoir en tête, les dessiner, les faire interagir sur le papier, les maîtriser pleinement est complètement différent … Il faut un petit temps d’adaptation pour bien prendre son personnage en main donc. Très souvent, cela se sent dans les projets tout récents ; on ne s’attache pas forcément aux personnages dès le début parce que l’auteur lui-même commence à s’attacher à eux, même s’il les connaît, même s’il les a déjà dans sa tête, même s’il les a déjà dessiné 100 fois … Une fois qu’on commence l’histoire, c’est là où les personnages prennent toute leur réalité.

  • Ayant pu lire le tome 1 de Maho Megumi, j’ai pu voir une différence frappante au niveau des graphismes ; proportions, narration, mise en page … Cela a dû te réclamer beaucoup de travail.

C’est vraiment du travail par l’expérience. C’est-à-dire que je ne me suis pas dit ”aujourd’hui je vais faire 4 000 story board”… Même si parfois, je les recommence beaucoup de fois *rire*. C’est vraiment ”produire”, ”produire”, mais produire en étant conscient de ce que l’on fait, je ne vais pas produire et reproduire encore et encore les mêmes erreurs. Je vais produire en essayant de m’améliorer sur la mise en page, sur les personnages, avoir des relations plus approfondies entre les personnages. Le but est de ”produire”, mais toujours en essayant de s’améliorer. Pour exemple, au début de Maho Megumi, je ne maîtrisais pas du tout les décors ! Même si les décors ne pullulent pas dans Hana no Breath, j’ai vraiment essayé de travailler … J’ai reçu des conseils, de l’auteur Dara qui fait Appartement 44, qui me proposait de me fixer des contraintes comme par exemple ”fixe-toi sur le fait d’avoir un décor par double page”. C’était des petites contraintes, le décor pouvait être simplement une chaise par exemple ! Cela m’a permis d’essayer de progresser là dessus … Même si j’ai encore beaucoup de choses à apprendre !

  • Le tome 2 d’Hana no Breath a pu sortir en avant-première à Japan Expo, et sortira dans les librairies le 16 août. Il signe la fin de la série. As-tu d’autres projets en tête, ou comptes-tu te concentrer uniquement sur Maho Megumi ?

Dans l’immédiat, je compte me consacrer à 100% sur Maho Megumi, je dois faire le tome 6 en entier, si possible avant la fin de l’année, ce qui est très ambitieux *rire*. C’est ce que j’avais prévu avec l’éditeur : Après Hana, je prenais du temps pour pouvoir faire mon tome 6.
D’autre part, j’ai déjà des projets en tête ; j’ai certes Maho Megumi, mais pour pouvoir continuer dans l’édition, il faut que je présente de nouveaux projets. Je suis déjà en train d’y réfléchir, mais je ne préfère pas m’avancer sur le projet en question, bien que j’en ai déjà une petite idée. On conserve un peu de suspense … Mais si cela se fait, il pourrait y avoir des indices dans Hana no Breath …

  • A quel genre de public recommanderais-tu Hana no Breath ?

C’est tellement difficile ! Je me pose constamment la question, mais je n’ai toujours pas trouvé la réponse … Autant pour Hana no Breath que pour Maho Megumi, les lecteurs ont des profils tous plus différents les uns des autres, donc ce n’est pas facile de dire pour ”quel public”… Quand on me dit que Maho Megumi est une série s’adressant aux enfants, je répond qu’il y a aussi des gens qui ont 30-40 ans qui me lisent aussi … Donc ce n’est pas foncièrement que pour les enfants visiblement ! … Je cherche encore aujourd’hui la réponse.

  • Et comment pourrais-tu donner envie à nos lecteurs de découvrir tes travaux ?

Mes séries s’adressent à tout le monde et … Je vous invite à tenter l’expérience !

 

Merci à Caly et aux éditions H2T pour nous avoir accordé cette interview. Entrevue & questions réalisées par Emma LEPEZ (ByOz) pour le Yatta-Fanzine lors de Japan Expo 2018.

 

Informations complémentaires:

Site de Caly (http://www.magicaly.fr/), site des éditions h2t (https://www.editions-h2t.fr/), plateforme de lecture en ligne Weekycomics, où vous pouvez lire Hana no Breath (https://www.weeklycomics.fr/series/Hana_No_Breath)

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