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Godzilla II : Roi des Monstres

Depuis 1954, Godzilla a parcouru un chemin semé d’embûches. L’histoire étasunienne du monstre qui créa le genre Kaiju Eiga est tout aussi chaotique que lorsqu’il débarque en ville. Entre remontage évinçant les messages originaux, ou plantage éhonté (oui Zilla ou GINO de 1998 nous pensons à toi), Gareth Edwards et Legendary Pictures avaient relancé la conquête d’Hollywood avec brio. Ceci alors que le monstre possède sa propre étoile depuis 2004. Alors qu’en est-il du MonsterVerse lancé par la firme étasunienne, et surtout, l’alléchant « Godzilla vs Kong » que le film que nous voyons aujourd’hui est censé lancer ?

Seventeen

Nous sommes en 2014, la bataille entre Godzilla et MUTO fait rage dans un San Francisco en ruine. Les Russell recherchent en vain Andrew, le benjamin de la famille. Cinq ans plus tard, la famille n’a pas résisté à cette triste perte. Mark (Kyle Chandler) est parti étudier les loups, tandis que Emma (Vera Farmiga) sa femme et Madison (Millie Bobby Brown), sa fille, sont restées à Boston. Emma travaille toujours pour Monarch, une agence qui veut à tout prix essayer de contrôler les Titans.

Cependant les États-Unis d’Amérique ne l’entendent pas de cette oreille et cherche un moyen d’éradiquer ces monstres. Surtout que, depuis l’attaque destructrice de 2014, de nombreux autres Titans furent trouvés (17 en tout), fort heureusement en sommeil. C’est alors que quand Emma découvre comment éveiller et stopper Mothra, elle et sa fille se font enlever par un organisme écoterroriste.

Le but de cet organisme est de réveiller tous les monstres, afin de permettre à la planète de s’épanouir. En effet, depuis 5 ans la nature a retrouvé ses droits dans ce qui était l’ancien San Francisco. Les professeurs Serizawa (Ken Watanabe) et Graham (Sally Hawkins) n’ont plus comme solution que de demander de l’aide à Mark, qui hait plus que tout Godzilla et les Titans. Il a cependant participé au prototype de l’Orca, outil perfectionné par Emma qui permet de stopper/attirer les Titans via des ondes.

Retrouver sa couronne

Dès lors, une lutte pour le trône de la Terre va débuter, qui va l’emporter, Godzilla, Mutant Zero ou l’Humanité ? C’est cette lutte que nous propose le réalisateur Michael Dougherty durant près de 2h15. Si le réalisateur n’a pas le talent de Gareth Edwards pour faire vivre l’action à travers des points de vue proche des personnages, il se débrouille plutôt bien. Surtout que la photographie de Lawrence Sher est sombre. Très sombre. Presque trop sombre. Ceci est dû à une volonté d’impressionner et de surprendre, mais rend parfois l’action délicatement lisible.

Pourtant, on se retrouve face à un film divertissant, donnant de l’action, de l’émotion, et un message cher à la franchise. Un message écologiste, qui n’est pourtant pas imposé aux spectateurs. Tout comme le côté inutile des forces armées, et ce malgré une puissance technologique impressionnante. Que dire de la bévue de l’armée vers le milieu du film ? Bévue qui poussera un personnage à un sacrifice.

Si vous avez vu le film de HONDA Ishirô de 1954, l’erreur de l’armée et le sacrifice vous rappelleront des souvenirs. Et si vous suivez la franchise Gojira, des bribes musicales, des cris, mais aussi des origines de monstres. Ainsi que l’arbre généalogique d’un certain personnage. Tout ceci donc, devrait vous offrir de grosses émotions. Que dire de cet hommage à Mothra ? Avec une photo datant de 1961, soit la date de sortie du film toujours réalisé par HONDA Ishirô, ces « hommages » à la franchise sont plaisants, mais brefs. Pour cela il vous faudra bien rester attentifs.

Iconique

Si nous pouvons quelque peu critiquer la photographie trop sombre de Lawrence Sher, reconnaissons qu’elle permet de donner des tableaux incroyables. Deviner les trois têtes de l’Hydre du Mutant Zero, voir le face à face entre celui-ci et Godzilla, à travers un jeu de couleur de toute beauté. Tout ceci serait moins efficace sans cette poussière, neige ou pluie. D’ailleurs, concernant l’Hydre, il est appréciable de voir une tête dominante essayer de diriger les 2 autres. Indiquant le moment où il faut attaquer telle cible. Il est très intéressant de voir comment fût utilisé ce monstre. De façon très intelligente. Ceci surprend.

En changeant la façon de suivre les personnages, le récit gagne en équilibre entre phase d’action et phase humaine. Ainsi, nous ne suivons plus une Humanité qui survit, mais, comme indiqué dans la bande annonce, qui prend part au combat. Maladroitement, mais qui essaie au moins. Cependant, nous ne vous cachons pas que le principal intérêt ne vient pas du côté humain. Oui, Serizawa est attachant, tout comme Madison. Oui, on note un équilibre et une parité dans le cast, ainsi c’est une femme d’origine afro-américaine qui mène la lutte, et on voit beaucoup de femmes fortes et intelligentes, fait rare dans un blockbuster. Mais les vraies stars sont les Titans.

Un quatuor infernal

Godzilla, Mothra, Rodan et Ghidorah (vrai nom du Mutant Zero) nous donnent une scène de combat urbaine en fin de film, époustouflante. Et si l’action, du point de vue humain, est moyenne (voir survivre de façon improbable certains personnages est déstabilisant), la lutte Titanesque fait le boulot. Assez pour ressortir du film avec un joli sourire. Surtout grâce à un respect des scores originaux signés IFUKUBE Akira et KOSEKI Yûji. Comment ne pas aimer le générique final alors qu’après une chanson typiquement étasunienne, les thèmes de Mosura (Mothra) et Gojira (Godzilla) interviennent. Ceci ne parlera qu’aux fans, mais nous en avions entendu quelques bribes durant le film.

Loin d’être parfait, « Godzilla II : Roi des Monstres » est loin d’être ridicule. Quand on pense à une certaine période de la franchise, les années 1970 par exemple et ses extraterrestres de la Planète X ou Jet Jaguar, le film de Michael Dougherty est loin d’être mauvais. Il se paye même le luxe de condenser 65 ans et 33 films. Rendant de beaux hommages qui devraient vous plaire si vous connaissez un minimum la saga. Un excellent divertissement, meilleur film du MonsterVerse, et logiquement, meilleur film produit hors du Japon.

On appréciera particulièrement la volonté de Bear McCreary, le compositeur, de s’inspirer de IFUKUBE Akira et KOSEKI Yûji. Offrant des frissons et donnant irrémédiablement envie d’écouter à nouveau les O.S.T. en notre possession. Un film divertissant, efficace, imparfait, loin de l’excellent « Shin Gojira » signé ANNO Hideaki et HIGUCHI Shinji en 2016, mais pourtant réussi. Nous retournerons volontiers au cinéma l’année prochaine pour voir un alléchant « Godzilla vs Kong ».

Source : Chaîne YouTube Warner Bros. France

Pour informations :

Quand nous parlons du « Godzilla » de 1998 signé Roland Emmerich, et que nous écrivons Zilla ou GINO, ceci a un sens. Après la sortie catastrophique du film, la Tôhô, société de production détenant les droits de la franchise au Japon, décida de renommer ce monstre. Ainsi, il perdit son God (Dieu) de Godzilla, se nommant Zilla. Qui prendra une déculottée lors de « Godzilla : Final Wars » en 2004 soit dit au passage. Il porte aussi le nom de GINO, non par pour rendre hommage à un certain David footballeur, mais bien pour Godzilla In Name Only.

Le MonsterVerse fût créé en 2014 par Legendary Pictures, s’inspirant du Marvel Cinematic Univers (MCU) ou DC Universe (DCU), afin de mener vers le futur affrontement déjà mis en images par Adam Wingard et prévu pour 2020, à savoir « Godzilla vs Kong ».

O.S.T. pour Original SoundTrack, soit le score du film ou B.O.F. pour Bande Originale de Film en français.

Enfin, Mothra s’écrit Mosura (MoSsouLa) en japonais, d’où son nom scientifique de Titanus Mozulah. Tout comme Godzilla possède le nom de Titanus Gojira (prononcé GoDjiLa). Pour connaître la signification de Gojira, nous vous renvoyons au début de notre article concernant le Hors série Mad Movies.

La phrase de fin

Depuis 65 ans Gojira, Godzilla (peu importe son nom) traverse les époques, variant entre excellent et moins bon. Depuis quelques années la saga n’a plus le charme des fameux « hommes en costume ». Elle a tout de même gagné en spectacle ce qu’elle a perdu en « kitsch ». Ne cessant de ressusciter à travers les ères, comme l’indique le film du jour, nous ne pouvons souhaiter qu’une « Longue vie au Roi ».

Source : Chaîne YouTube Warner Bros. France

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