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Death Stranding

Entre sa communication et ses soubresauts, Death Stranding est depuis longtemps sur les radars, sans pourtant que quiconque ne sache à quoi s’attendre avec la nouvelle production de Kojima Hideo. Désormais disponible, il est temps de découvrir si le jeu nous apporte quelque chose de réellement nouveau et marquant dans le milieu vidéo-ludique.

Porterboy

On n’en révèlera que très peu sur le scénario de Death Stranding, pour ne pas dire rien du tout. Hormis le minimum syndical pour que vous sachiez à peu près où vous venez de tomber. Enfin vraiment à peu près, car justement déjà trop en dévoiler là-dessus vous gâcherait tout. Tant l’histoire figure pleinement dans l’expérience. Que ce soit pour savoir ce qu’est le Death Stranding, ainsi que le pourquoi du comment de ce qui est arrivé au monde, tel qu’on le connait dans notre propre vie. Dévasté dans cette aventure, avec des cratères disséminés un peu partout prenant la place des gens, des êtres mystérieux et dangereux, une pénurie globale…

Il ne reste que peu de survivant(e)s et chacun(e) est menacé(e) à chaque instant, les obligeant à vivre reclus(es). Afin de les ravitailler, l’organisation qui compte rendre les États-Unis grands à nouveau, charge Sam Porter Bridges de s’occuper d’une portion du pays, en tant que transporteur. Ces nouveaux héros, qui acheminent des denrées et relient les camps qui subsistent. Au cours de nos missions, nous aurons l‘occasion, pour ne pas proclamer le besoin, de tisser des liens avec les personnes rencontrées. Tant parmi les donneurs de quêtes, que les nécessiteux. On nous confiera amplement de quoi tout connaitre de leur vie. Les relations s’avèrent ainsi primordiales. Cette identité collective du jeu, qui se ressent déjà dans cette société se reconstruisant par l’entraide, là où on le détruit actuellement en s’opposant, s’accentue par cette dimension sociale. Qui par ailleurs impacte également  la partie jouable, sur laquelle on se penchera plus tard.

Porteur de bonnes nouvelles

Pour arriver à ces interactions sociales, encore faudra-t-il exécuter son métier. On transportera ainsi d’un coin à l’autre de notre parcelle des U.S.A., des colis en tout genre. Les quêtes FedEx des jeux vidéo n’ont jamais aussi bien porté leur surnom. Cependant, sur cette Terre ravagée, il est plus complexe d’arriver à bon port. Surtout que dans un univers post-apocalyptique, l’on revient en quelque sorte aux origines dans la majorité des domaines. Le boulot  de coursier n’y échappe pas, puisque l’on devra grandement se déplacer avec ses petits petons. Mais également user de ses bras, par la nécessité de disposer des tas d’éléments, (cordes, tyroliennes, ponts pour Bridges évidemment…), en vue de traverser des endroits sinon inaccessibles. Faisant ainsi pas mal bosser notre tête également. Sans omettre notre dos, qui devra tenir bon face à ces énormes charges.

Toutefois, plus l’on avancera dans l’aventure & accomplira des missions avec brio, plus l’on aura l’opportunité d’améliorer son équipement. Attention, il ne suffit pas de rejoindre le point de rendez-vous & hop c’est réglé. Encore faut-il arriver les mains pleines. Si l’on s’est fait chaparder des colis, bien entendu la réussite sera moindre. Idem s’ils sont abimés, demandant de s’abriter en cas de climat dangereux pour nos caisses. La rapidité s’avèrera aussi importante, on cherchera ainsi les meilleurs raccourcis. Et à force de progression, l’on pourra soi-même confectionner des itinéraires plus intéressants, au lieu de se farcir des détours. Tandis que l’on aura tout autant la possibilité de moins souffrir du poids, alors qu’en attendant il s’agira de savoir s’équilibrer, par rapport à la gravité. Ou encore de s’octroyer un véhicule & forcément à moto, la praticité semble évidente. Surtout si en parallèle vous créez une route.

Malheureusement, en plus des conditions climatiques, de la lourdeur des charges & autres obstacles, les transporteuses/eurs ont bien des ennemi(e)s dans la vie réelle. Désirant les dépouiller de manière très hostile. C’est également le cas dans Death Stranding, où notre héros chargé comme le jeu de société bourriquot, sera confronté aux MULES. Des malandrins qui ne livrent plus & préférant désormais attendre d’anciens collègues ou de nouvelles recrues. On évitera de les croiser, notamment en tentant autant que faire se peut de ne pas trainer vers leurs repaires. En gros, on évite de transiter par les coins chauds. Ce qui nous rappelle les colis déposés devant les immeubles dans nos quartiers, par des factrices/eurs inquiètes/iets alors qu’elles/ils ne devraient pas. Y aurait-il un message politique également sur ce point dans Death Stranding ?

Au-delà de ces brigands, l’on croisera des créatures qui elles aussi ne font preuve d’humanité, mais qui en sus n’ont pas vraiment une apparence très, très naturelle. Là encore on cherchera à les esquiver. Notre bras mécanique, notre petit bébé l’on a envie de dire, saura nous être utile pour repérer les potentielles menaces. Mais en cas d’affrontements, on aura de quoi faire au niveau des armes. Même si ce n’est pas du tout sur l’aspect bagarreur que s’inscrit Death Stranding. Ce que l’on apprécie particulièrement. Contrairement à la survie, elle pleinement mise en valeur, tant par notre job, que la manière de l’effectuer. Avec cette dose d’infiltration & de ni vu, ni connu, plutôt que de foncer dans le tas. Par ailleurs, l’un des principaux gadgets, qui nous amuse beaucoup, n’est autre qu’un « ligoteur » automatique. Qui par conséquent ne tue pas. Un détail qui n’en est pas un.

Livreur advisor

Nous vous le confions précédemment, livrer vite, quantitativement & qualitativement, s’avère éminemment important, pour ne pas dire plus. Nos livraisons nous valant des notes, qui nous permettront de glaner davantage d’objets & autres. Un pendant réseau social pour l’évolution de son héros. Mixant bien la facette 2.0 de notre monde, toujours présente dans celui de Death Stranding, à celle de la progression pas à pas d’un JV. En y incluant ce soupçon d’humain(e)s qui votent, pouvant donner encore plus envie de mieux faire. Ce qui change des traditionnelles notes d’un niveau selon le nombre d’ennemi(e)s vaincu(e)s, les tirs en pleine tête…

Cet aspect qui se déploie même au niveau communautaire. Si l’on est bel & bien dans une aventure solo, le réseau chiral pourra servir aux divers(es) joueuses/eurs. En plaçant telle structure facilitant un accès, vous le rendrez disponible pour d’autres Sam Porter Bridges, dans leur propre partie et vice-versa. Avec là encore une notion de notes, par des likes.

Environnement mortel

On n’apprécie point l’expression que l’on vient de citer en titre de paragraphe, néanmoins elle se prête plutôt bien à Death Stranding. Si évidemment l’on retrouve des terrains de jeu détruits & cratérisés, la qualité du rendu visuel est au programme. Et l’on en profite sur tout un tas de lieux différents. Tant au niveau de la végétation, que du climat représenté, l’atmosphère propres aux couleurs de la région… De quoi porter le level design, finement soigné & que l’on découvre fréquemment sous un nouveau jour, à force de le modifier par nos structures.

Nous vous avons parlé de l’importante place du scénario & il est temps de vous apprendre qu’elle est notamment relevée par des cinématiques à foison. De haut niveau il faut préciser, à l’instar du jeu des comédien(ne)s, doublages compris. Et à propos du casting, signalons que l’on retrouve entre autres Léa Seydoux, Lindsay Wagner, Mads Mikkelsen… Ou encore Norman Reedus, donnant ses traits à Sam Porter Bridges.

Mécanique rare et intéressante que la livraison survivaliste. Chaque point s’avère très détaillé, si bien que l’on doit gérer au mieux l’installation de nos colis, notre parcours, réagir aux menaces naturelles et surnaturelles en direct… Tout en ayant l’occasion de jouer au petit bricoleur, afin d’avancer plus efficacement, mais toujours avec prudence. Death Stranding correspond ainsi tout à fait à une question que l’on se pose souvent : comment font ces héro(ïne)s de jeux vidéo pour porter autant de matériel dans leurs poches appelées inventaire, sans une énergie de monstre ? Le tout galvanisé par un scénario immersif et des liens qui se nouent, y compris de façon asymétrique avec les autres Porter.

Inod

Développeur : Kojima Productions
Éditeur : Sony Interactive Entertainment Europe
Genre : Action
Support : PlayStation 4

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