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“Revenir sur nos pas”, l’après poignant de Fukushima.

« Quand je parle, je pleure. Quand je vois mes photos, je pleure. Je n’ai plus de larmes à force de pleurer. Elles ont toutes séché. Là, vous me voyez en train de rire parce que je vais un peu mieux. Mais je ne peux pas rentrer chez moi, à cause de la radioactivité ».

C’est sur ces mots poignants que nous plongeons aujourd’hui au cœur de Fukushima, grâce aux clichés très prenants des photographes Carlos Ayesta et Guillaume Bression, auteurs du projet « Revenir sur nos pas ». Les quelques 8000 personnes qui ont été forcées d’évacuer les lieux environnant Fukushima lors de l’explosion des réacteurs de la centrale, ont été invitées par ces deux artistes à revenir « chez eux ». Ce projet a mis quatre ans à être réalisable, entre le côté administratif et pratique, et les repérages de lieux encore en assez bon état.

“Que se passerait-il si les réfugiés du nucléaire revenaient vivre chez eux d’un coup d’un seul ? Des photos dérangeantes qui mêlent le banal à l’étrange”, voilà leur projet expliqué avec leurs mots.

Nous avons demandé aux anciens habitants de prendre un air naturel, comme si jamais rien n’avait eu lieu, dans cette « no-go zone », dans des endroits qui leur étaient tant familiers.

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Midori Ito, dans un supermarché abandonné à Namie. Tout est resté en l’état. Juste après la catastrophe, Midori Ito est partie s’installer à Minami Aizu, et vit actuellement à Koriyama.

 

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Kanoko Sato, dans le gymnase d’une école dans le district de Ukedo, dévastée par le tsunami. “Si cela n’avait pas été pour ce projet, je n’aurai jamais remis les pieds ici car c’est interdit; je vis pourtant à Koriyama qui est juste à côté, je n’étais jamais revenu ici.”

 

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Yasushi Ishizuka, dans une salle de jeux à Tomioka. Le bâtiment a fortement été affecté par le tremblement de terre et est resté à l’abandon depuis lors.

 

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Setsuro Ito est vétérinaire. Il s’occupe principalement des vaches se trouvant dans la zone affectée. Il a quitté le Japon pour vivre au Brésil lorsqu’il avait 30 ans, puis est retourné au Japon après le 11 mars afin d’aider les fermiers qui n’ont pas voulu abattre leur bétail. Il vit actuellement à Fukushima.

Retrouvez l’intégralité de leurs clichés sur leur site.

Remu

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