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L’Œuvre de Peter Molyneux – Les trois (vis)âges d’un créateur

Pour son nouvel ouvrage, Raphaël Lucas s’est cette fois penché sur un homme spécifiquement et son cheminement. L’Œuvre de Peter Molyneux – Les trois (vis)âges d’un créateur (Third Éditions), n’est toutefois pas une aventure solitaire. En parallèle à ses écrits individuels, il a pu à plusieurs reprises, s’entretenir avec Peter Molyneux, afin d’en ressortir des conversations sur de multiples sujets.

Bien entendu, qui plus est de par un tel titre, L’Œuvre de Peter Molyneux – Les trois (vis)âges d’un créateur, l’on ne peut que débuter en vous parlant de la présence de son enfance. Période charnière s’il en est, de nos vies. Puisque même si l’on évolue par la suite, ce passage restera toujours (le plus) marquant. Car le commencement de notre existence, là où l’on est le plus sensible.
Également la période où notre cerveau est encore une éponge absorbant tout ce que l’on désire, voire tout ce qui passe. Pour ensuite être capable de s’en servir, par un mélange de ces diverses influences ingurgitées. Sans oublier que c’est là que le temps semble s’écouler le plus lentement. Avant qu’à l’âge ” adulte “, l’on ne trouve que tout va trop vite.

Justement, c’est dans son enfance que le créateur puise son inspiration. Comme à peu près tout à chacun. Et comme on nous l’a souvent révélé dans le jeu vidéo. Tant au travers de Pokémon, The Legend Of Zelda ou encore Pikmin. On ignore si Resident Evil fut tout autant le fruit de l’enfance… Mais si oui, ce serait flippant. Néanmoins même les sujets considérés mâtures, peuvent trouver des liens avec ce moment souvent vu comme celui de l’innocence.
Cependant, l’on sait particulièrement qu’elle est rapidement ravagée par les drames et autres difficultés. Ce qui s’avèrera le cas de Peter Molyneux. Le retour sur cette genèse de son esprit, jonchée par des embûches personnelles, délivre une approche aussi touchante, qu’intimiste. Ce qui tranche diamétralement avec un discours promotionnel classique.

Du genre de ceux que l’on entend à foison aujourd’hui. D’ailleurs, les 2 comparses d’un livre, n’hésitent pas à se pencher sur le monde vidéo-ludique actuel. Et tout autant sur le passé. Un atout intéressant, plus encore si vous n’êtes proches de studios de développement. Il y a ainsi là de quoi apprendre et pas uniquement directement sur Peter Molyneux. L’univers du JV s’y développe et l’on y distingue simultanément son rapport et son évolution, au travers de celui-ci.
Bien entendu, l’on revient également sur ses productions.

Mais aussi sur ses idées non sorties. La richesse du contenu sur ces détails, s’avère assez phénoménale. De ses débuts, jusqu’à ses derniers projets y sont évoqués. Et si le créateur revient dessus, non sans se détourner des ratés bien heureusement, on ne s’arrête pas là. Tout d’abord, appuyons effectivement sur l’amplitude de ses propos, au niveau de ses créations. La précision et la masse s’avèrent si importantes, que l’on prend plaisir à tout découvrir. Tant sur ses envies, que les raisons d’une annulation.

Si lui et Raphaël Lucas sont à féliciter pour leur engagement sur ce point, en n’éludant pas les sujets, ce dernier sait également remettre les choses dans leur contexte. On n’assiste pas simplement à des entrevues. L’auteur repositionne par exemple l’évocation de tel ou tel jeu.
Ce qui dit de cette manière peut sembler normal. Sauf que si vous lisez beaucoup, vous vous rendrez compte que cela est loin d’être systématique. Par conséquent, entre les oublis de la/du lectrice/eur, ses simples méconnaissances ou encore tout bonnement le public ne connaissant pas l’histoire du thème principal, autant vous affirmer que tout le monde serait largué.
En s’avérant précis dans ses contextes, il permet à quiconque de replonger à ce moment-là, ravivant même des souvenirs. Ou de bénéficier de ces détails ignorés, permettant à quiconque d’appréhender le livre. Et il s’agit là d’une de ses grandes forces.

Tout comme sa fluide narration. Car si vous avez déjà une idée de plusieurs des approches au sein de son architecture, le bouquin s’octroie aussi une séquence Menteur Pathologique, du meilleur effet. Peter Molyneux étant assurément considéré comme le baratineur numéro 1 du JV. Alors que ses consœurs et confrères lui rendent la pareille.
Néanmoins, c’est systématiquement à lui que reviennent les phrases telles que : ” D’accord ça c’est ce qu’il dit être son prochain jeu, mais dans les faits il n’y aura pas ci, pas ça… “. Pourtant, les jeux d’à-côté rivalisent d’esbroufes, en tournant sur des PC surboostés alors qu’ils sont conçus pour consoles…
Cette spécificité lui reste tout de même indissociable et cette manière de l’aborder amuse beaucoup. D’ailleurs d’amusement, il en est également question via des tas d’anecdotes disséminées tout au long de son parcours.

Ne nous quittons pas avant d’avoir parlé de l’objet en lui-même. Sachez en premier lieu qu’il existe 2 éditions. La nôtre étant la classique, nous vous confirmons qu’il s’agit d’un livre de grande classe avec sa couverture cartonnée, profitant de coloris lui offrant un aspect très précieux. Ces derniers qui s’associent de manière idoine à la photo saisissante en une. Cet ensemble nous laisse carrément à penser à un ouvrage historique classique, avec une touche de gros pixels, de grande valeur, dans tous les sens du terme. Une approche rarement prise dans le milieu. Mais l’on constate que les 2 se marient particulièrement bien.
Même si l’on n’a point vu la version First Print, l’on se doit de vous la signaler. Surtout que le prix n’augmente que de 5€, avec plusieurs bonus. En somme : une jaquette davantage pétaradante. Mais également un ex-libris ou encore les versions dématérialisées du livre.

Au-delà même du créateur concerné, L’Œuvre de Peter Molyneux – Les trois (vis)âges d’un créateur pousse l’intérêt très loin. Tant par rapport au médium vidéo-ludique, que du chemin traversé par un artiste et même tout simplement un homme. Soit un ouvrage qui peut intéresser tout le monde et pas seulement les féru(e)s de Bullfrog Productions, Lionhead Studios, 22Cans ou encore du personnage Peter Molyneux.

Inod

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