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Torment : Tides of Numenéra

Passé par la case financement participatif que l’on ne présente plus, Torment : Tides of Numenéra n’est autre que la suite spirituelle de Planescape: Torment, jeu de rôle remontant à 1999, la bonne époque. On retrouve ainsi aux manettes l’équipe créative s’étant occupée de celui-ci, mais aussi plus récemment du très bon Wasteland 2, histoire de vous rassurer au cas où vous vous demanderiez si ses membres sont encore capables de produire de la qualité.Torment-Tides-of-Numenera-PS4

Je rêvais d’un neuvième monde

S’éteignant et se succédant, les civilisations sur Terre en sont déjà au Neuvième Monde, se situant un milliard d’années après l’époque dans laquelle nous vivons actuellement. On y incarnera le Dernier Reliquat, l’ultime enveloppe en date de la conscience du Dieu Changeant, un homme passant de corps en corps, pratique pour commettre divers méfaits. Croyant laisser ses différents véhicules à une fin certaine, sauf que ceux-ci ne disparaissent point et se voient développer une conscience propre, sans pour autant se rappeler de tout ce qui a pu être fait lorsque cet être les possédait.

On pourrait alors se dire qu’une deuxième chance est laissée à toute cette bande, mais cela serait sans compter sur la menace de l’Affliction, n’ayant pour but que l’annihilation de ces coquilles vides & de celui y étant passé. Notre objectif devenant de mettre la main sur tout ce beau petit monde avant qu’il ne lui arrive malheur.

Si l’on pourra aussi bien posséder une apparence féminine, que masculine, on aura surtout l’occasion de voir se former son personnage par tout un tas de choix vraiment pas anodins. Ils ont dès les prémices ont une forte répercussion dans Torment : Tides of Numenéra, cela commençant par les décisions influant sur notre protagoniste. Avec dans un premier temps, la classe parmi un trio d’identités très marquées.

  • Tout d’abord Glaive, en somme la/le tank ou la/le guerrière/ier comme vous préférez, du rentre-dedans tout simplement, costaud également défensivement.
  • Après la force pure, on a bien sûr droit à la magie avec Nano.
  • Tandis que l’on trouvera une sorte d’équilibre avec Jack, étant donné qu’il s’agit grosso-modo d’un mix des deux précédentes.

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Pia pia pia dans ton corps

Tandis que dans la majorité des cas le jeu vidéo suit ce qui marche au cinéma, davantage encore si l’on traite des AAA, à savoir un scénario & des dialogues complètement à la ramasse, Torment : Tides of Numenéra tranche avec cela. S’éloigner autant des productions contemporaines faites pour vendre, prouve à quel point son besoin d’un Kickstarter n’était vraiment pas innocent, tant l’originalité est là & l’on sait à quel point les éditeurs possédant suffisamment de ressources sont frileux.

En effet, l’action à outrance fait tellement recette que désormais des jeux se labellisent RPG alors qu’il s’agit de beat’em all on ne peut plus basiques, sans profondeur rôliste quelle qu’elle soit… Ici, la parlote s’avère le point essentiel de l’expérience & ceci dans le très bon sens du terme, puisque l’écriture & la narration y sont finement travaillées, les rendant ainsi passionnantes. Mais surtout, notre influence directe donne envie de s’y plonger & non de zapper la lecture, comme cela peut souvent arriver dans les logiciels comportant beaucoup de textes, tant ils ne sont pas tous aussi prenants. Cela lui offre une dimension JDR point’n’ click très riche, aussi poussée dans les phases textuelles & ses répercussions à grande échelle avec des myriades de voies alternatives que les meilleurs visual novels.

Cependant tout n’est pas que de la discussion, les amatrices & amateurs de jeux de rôle au tour par tour auront également de quoi faire lors des affrontements appelés les Crises. La subtilité apportée provenant justement de tout cet aspect précédemment évoqué, puisque l’on ne fera pas que se battre, loin de là même. Parler pouvant servir à débloquer une situation sans nécessiter de passer par la case bagarre. On reprend donc cet adage de la vraie vie : « Nous ne nous sommes pas battus, nous avons agi en adultes en discutant ». De quoi devenir ami ou ennemi avec un personnage auquel vous faites face & l’on s’y croit vraiment.

Si jamais vous ne pouvez éviter la baston, vous aurez néanmoins des variantes intéressantes, en ayant, au-delà de vos capacités propres, la possibilité de vous servir du décor, ce qui n’est pas banal non plus. Ceci, plus les déplacements, les actions & même un tel type de vue, lui octroie sans aucun doute la griffe d’un JDR tactique dans ces situations.

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Comme Alex, il marque Morgan

Les féru(e)s de JDR sur PC datant d’une bonne quinzaine d’années minimum, seront ravi(e)s de retrouver une vue en 3D isométrique, renvoyant déjà en quelque sorte par ce biais dans l’ambiance de ce type de logiciels, qui possédaient un charme tout autre par rapport à la majorité des productions actuelles. On a donc déjà plaisir à découvrir un univers changeant de notre présent vidéo-ludique, peut-être qu’il s’agira de la mode dans un milliard d’années, mais bien entendu ça ne s’arrête pas là.

L’atmosphère de Torment : Tides of Numenéra se ressentant davantage par les graphismes en eux-mêmes & non juste par une caméra, même si d’une certaine façon le mélange des deux apporte cet effet si particulier quand l’on a connu une époque bien précise du jeu vidéo. On apprécie particulièrement les choix effectués sur les couleurs, notamment celles concernant les attaques ou encore sur les coloris lumineux souvent chauds de plusieurs aspects des décors comme la lave, les effets lumineux… Du violet, de l’orange, du bleu glacial… impactant fortement cet univers à chaque fois, tant cette palette fait rejaillir des actions fortes ou des détails ressortant de manière importante de ce monde sombre dans son identité, comme l’aspect visuel sait nous le transmettre.

Mark Morgan est de retour au niveau de la bande-son, nous plongeant dans l’atmosphère de ce neuvième monde entre passages calmes, d’autres tendus, d’autres encore intrigants… Des musiques ambiantes & porteuses toujours bien senties, elles n’en font jamais trop, ni pas assez. On passera tout de même pas mal de temps dans ce milieu, donnant une grande importance à la partie sonore, tant pour faire réagir parfois, que pour accompagner durant nos longs mais jamais rébarbatifs périples.

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Il est amusant de remarquer que beaucoup diront que Torment : Tides of Numenéra offre un voyage vers un type rôliste à l’ancienne, alors que par rapport aux RPG actuels, il apporte justement de la nouveauté, tant il est différent de la très large majorité. Seuls quelques autres souvent également passés par le crowdfunding, ce qui motivera peut-être un jour des éditeurs pouvant éviter cette complexe étape, viennent faire leur trou & le méritent d’ailleurs. On adore que nos choix aient des réelles conséquences, peu importe le genre du jeu, mais que la narration & les dialogues soient aussi détaillés, avec la plupart des résolutions par ce dernier, font que l’on s’y plonge avec délectation, en sachant que l’on fera travailler son esprit.


Inod

Développeur : inXile Entertainment
Éditeur : Techland
Genre : RPG
Supports : PlayStation 4, Xbox One, Windows, Linux & Mac
Date de sortie : 28/2/17

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