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Hana no Breath

 

Lancée à l’occasion de Japan Expo 2017, Hana no breath est l’une des premières séries éditées par l’éditeur H2T. Série en 2 tomes (pour un total de 18 chapitres) créée par Caly, une auteure connue dans le milieu du fanzinat notamment pour sa série MaHo-Megumi (en autoédition), Hana no Breath est classée Shôjo par l’éditeur, et est catégorisée  »Romance » et  »Slice of life ». Le manga est à découvrir sur Weeklycomics, et il est sorti sous le format papier en juillet 2017.

 

Résumé : Azami, 16 ans, ne comprend pas la passion de ses amies pour le Yuri et le Yaoi… Elle, elle n’aime QUE les garçons, et surtout le beau Gwen, avec qui elle rêve de sortir depuis le début de l’année! Intelligent, sportif, un peu plus agé qu’elle et surtout… mignon, il a tout du petit ami idéal. Mais comment réagira-t-elle quand elle découvrira que Gwen est en réalité une fille !

Source : H2T

 

A titre indicatif, je suis une personne assez (euphémisme) Gay friendly / sympathisante LGBTQ+. C’est pour cela qu’à la lecture du synopsis, j’avais nombre d’attentes, imaginant un titre engagé, abordant la question du genre, des dialogues sur les troubles de l’identité, la transidentité, ou encore sur le travestissement … Autant le dire directement, j’ai très vite déchanté, l’œuvre ne présente rien d’aussi poussé. Mais est-ce que cela ne serait pas plus mal ? Malgré ma pointe de déception de ce côté-là (faute aux suppositions suite à la lecture du résumé), cette  »absence de développement » sur cette voie a été palliée par quelque chose d’autant plus intéressant. Je vous en parle tout de suite.

Tout d’abord, la mise en place de l’histoire se fait très rapidement (en une dizaine de pages), avant même que le lecteur ne puisse connaître réellement les protagonistes ; autant dire qu’on ne tergiverse pas et que nous allons droit au but (après tout, la série se clôture en 18 chapitres !) ; alors qu’Azami affirmait dans les premières pages que le véritable amour ne pouvait être qu’entre une fille et un garçon, avec son prince charmant notamment, la personne qu’elle aimait s’est révélé être, contre toute attente … Une jeune fille. Quelle ne fut pas sa surprise ! Mais notre héroïne montrera bien au lecteur que l’amour n’a pas de sexe, qu’il va au-delà de la barrière des genres. Si en premier lieu, elle s’est sentie blessée, trahie, elle reviendra intelligemment sur sa décision : On tombe amoureux d’une personne, non pas d’un sexe, et ce n’est pas cette révélation qui pourra la faire reculer. Ses sentiments sont sincères et ont été forgés au fil du temps, il en faudra plus pour l’arrêter.

hana no breath

Hana no Breath nous présente donc une romance. Comme dit plus tôt, elle prendra place très rapidement, le scénario ne tournant pas autour d’Azami voulant déclarer sa flamme à son âme sœur, mais plutôt autour de l’évolution de cette relation, et des membres qui la composent. Avancez donc sans crainte si vous redoutez une œuvre très fleur bleue, niaise et tournant en rond.
Cette mise en place pertinente, adaptée, permettra à Caly de développer des thèmes propres à l’adolescence, comme l’influence du regard de l’autre, ou ce dernier en général (via le traitement de remarques on ne peut plus maladroites et stéréotypées par exemple, qui sont encore et toujours d’actualité), les doutes sur l’identité grâce au personnage de Gwen, ou alors la notion d’être aimé pour ce qu’on est réellement par l’intermédiaire d’Azami. Ces problématiques sont abordées avec justesse et sans grand ton dramatique : Cela reste léger. Le propos qui est le plus développé reste la  »quête d’identité » de Gwen, qui se remettra en cause suite au regard des autres justement. La relation qu’elle entretient avec Azami lui permettra de grandir, et de se trouver elle-même, au-delà du concept homme/femme/autre, se trouver en qualité d’individu. C’est ce que j’ai personnellement beaucoup apprécié, après coup, cette absence de  »genrisation » : On aurait pu avoir un récit avec une Gwen en proie aux doutes, dans une société binaire, cherchant à se mettre obligatoirement dans une case pour trouver comment se définir, mais est-ce que cela lui aurait permis de se trouver elle-même, réellement ? A méditer. Les personnages ne sont pas tant tiraillés, les doutes et interrogations sont présents, mais résolus bien rapidement, cela donne un ton léger à l’histoire, rendant le tout facile à lire, sans lourdeur.

hana no breath

Le rythme est assez rapide, les événements s’enchaînent sans bavures, les répliques se suivent, le 1er tome / les 9 chapitres disponibles se lisent très facilement. Pas de dialogues superflus sur une dizaine de pages, la lecture est plus directe, explicite ; et si on pourrait se dire que cela est dû au court format ne permettant pas de s’éterniser, de mon point de vue, cela est plutôt dû à la franchise dite  »occidentale ». Les personnages sont donc plus directs et moins enclins à tourner autour du pot pendant une durée indéterminée (enfin, c’est un détail). Dans Hana no Breath, on ne trouvera pas de longues tirades, de dilemmes personnels sur le fait de parler de ses sentiments ou pas : Il y a réflexion certes, mais elle ne s’éternise pas sur des chapitres et des chapitres. Le tout est donc rythmé, consistant et les échanges ne sont pas inutiles. Les péripéties s’enchaînent avec beaucoup de facilité, rendant la lecture fluide et animée, le lecteur n’a pas réellement le temps de s’ennuyer.

Les graphismes sont on ne peut plus corrects, ni brouillons ni trop détaillés, rendant le tout très clair et pur, sans pour autant que cela ne paraisse vide. Si au début des chapitres, on remarque quelques (rares) maladresses au niveau des proportions, elles seront rapidement oubliées : Le trait de Caly s’améliore au fil des pages, s’affine.
Le chara-design est également bon, offrant des personnages expressifs et reconnaissables. On observe en plus une bonne maîtrise des personnages SD et des chibis, très présents dans les différents chapitres, contribuant à la légèreté se dégageant au fil des pages. Notons que chaque chapitre a le droit à sa petite illustration.

De gauche à droite: Azami, Gwen et Judith, les personnages les plus importants.

Caly dépeint dans son oeuvre une romance sincère avec finesse, motrice de différentes problématiques à visée sociale, et mettant en scène des personnages dans la fleur de l’âge. Plus qu’un rapport entre deux adolescentes, on nous offre un récit intelligent et bien construit, une relation entre deux individus qui ne demandent qu’à s’épanouir. Caly sait où elle va et mène son récit avec brio, sans fausse note. Une très bonne surprise à surveiller.

Un trailer est disponible ici:

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